Yvon Le Men
28 septembre 2008
Yvon Le Men, Chambres d’écho. Mortemart : Rougerie, 2008.
Ce recueil majoritairement écrit à l’imparfait, temps de la nostalgie, chante l’absence :
« Nous avions la vie
entre nous
elle coulait entre les rives
et nos bras
que le temps
prenait dans ses bras
comme les rives
prennent la rivière
les talus
le chemin
comme ton silence prend la parole
aujourd’hui. » (p. 50)
Yvon Le Men, dans un autre poème, associe par paronomase « les morts et les mots » (p. 41) qui « se retrouvent » dans le poème. Le « manque » toutefois se dit au présent :
« Ta voix
manque aujourd’hui
à la cuisine, à la chambre
aux draps
qui traversent la nuit
en blanc » (p. 36)
Et le recueil s’ouvre par les paroles de Claude Vigée à ses amis après la disparition d’Evy en janvier 2007 :
« Je ne suis pas désespéré
tu me connais
je souffre
mais si la présence
en moi
résiste
alors je continuerai
nous continuerons
dit
mon vieil ami
avec qui je viens de parler
d’elle » (p. 18)
Tout s’exprime en termes simples, dans un langage épuré.