TRUE TALES OF THE AMERICAN WEST. No. 5 : BILLY THE KID TRIES TO GO STRAIGHT
The owl liked the fact that he had unusually long legs (for an owl), which afforded him dominion over land as well as sky. He liked to walk upon the desert sand, and observe the rodents he preyed upon scuttle down their holes. But he also enjoyed standing still, especially if he was standing stock-still on the black-top beneath a baking sun after a midsummer storm, and feeling the rising steam cleansing his stilts and his tawny feathers. It meant nothing to him that the black-top upon which he stood ran between Lordsburg and a ghost town called Shakespeare. A middle-aged man travelling south toward spooksville noted something in the north-bound lane, and slowed when he saw it was a single owl taking a sauna. Amid the tendrils of steam the bird gleamed like something newly painted. « Ain’t that a sight ? » he thought, and wondered what strange owl was it that walked abroad by daylight. He knew he would find the answer to that, as to most questions, in his ever-present copy of Peterson’s Field Guide to Western Birds. He lifted his foot from the brake pedal, allowing the car to resume its forward motion. Almost immediately he saw a beat-up RV travelling fast in the opposite direction. Let’s give the driver the benefit of the doubt, and assume that he didn’t see the owl, or (if he did) that he expected it to get out of the way pronto. Likewise the eye-witness turned around hoping to observe the owl aloft, but saw instead a bundle of lifeless feathers knocked indifferently into the ever-encroaching sand. He pulled off the road and back-tracked to the scene of the crime, clutching his well-thumbed birder’s bible. The victim of the hit-and-run was prone in the dust. Both legs bent double like old drinking straws. One wing was spread fan-like upon the ground, while the other rose perpendicularly and fluttered aimlessly as the hot winds blew. Despite the blinding light its pupils were fully dilated. The surrounding coronas had lost their yellow fire, and were fading fast like a torch with dying batteries. According to Peterson it had to be a Burrowing Owl. Its solitary mourner fashioned a last hole for it with his bare hands, and gentled it in with his right foot. Lire la suite dans le |
La chouette appréciait de disposer de pattes inhabituellement longues (pour une chouette), ce qui lui donnait souveraineté sur un territoire terrestre aussi bien que céleste. L’oiseau aimait arpenter le sable du désert et observer ses proies, les rongeurs, au moment où elles s’engouffraient à toute hâte dans leur terrier. Toutefois, il aimait aussi se tenir immobile, surtout en ces occasions où il se figeait sur le bitume sous un soleil de fournaise après un orage de juillet et sentait monter la vapeur qui lui nettoyait les échasses et les plumes, dorées. Cela n’avait aucune espèce d’importance pour lui que ce bitume sur lequel il se fichait couvrît une route menant de Lordsburg à une ville fantôme du nom de Shakespeare. Un homme d’une cinquantaine d’années, qui se rendait à la ville hantée, plus au Sud, remarqua une silhouette en sens inverse et ralentit en voyant qu’il s’agissait d’une chouette faisant du sauna en solitaire. Au milieu des vrilles de fumée, l’oiseau luisait comme une toile fraîchement peinte. « En voilà, un spectacle ! » songea-t-il, se demandant de quelle étrange chouette il s’agissait pour qu’elle s’aventure ainsi à découvert en plein jour. Il savait qu’il trouverait la réponse à cette question, comme à la plupart d’entre elles, dans son exemplaire toujours à disposition du Guide pratique de Peterson sur les oiseaux d’Occident. Il relâcha la pédale de frein, autorisant la voiture à reprendre son allure. Presque aussitôt, il aperçut un camping-car déglingué qui allait à toute vitesse dans la direction inverse. Accordons au conducteur le bénéfice du doute et disons qu’il n’aura pas vu la chouette ou bien qu’il se sera dit que celle-ci allait déguerpir au plus vite. De la même manière, le témoin oculaire se retourna dans l’espoir de voir l’oiseau dans les airs, mais aperçut au lieu de cela un tas de plumes défuntes fichées au petit bonheur dans le sable envahissant. Il s’arrêta au bord de la route et revint sur les lieux du crime, empoignant sa bible d’ornithologiste, bien écornée. La victime de cet accident avec délit de fuite gisait sur le ventre dans la poussière, les deux pattes repliées comme de vieilles pailles à boire. Une aile s’ouvrait sur le sol en éventail tandis que l’autre se dressait à la perpendiculaire, palpitant vainement au souffle torride du vent. En dépit de l’aveuglante clarté, les pupilles étaient complètement dilatées. Autour, l’iris avait perdu son feu doré, qui déclinait aussi vite que celui d’une torche électrique dont les piles sont mortes. Selon Peterson, il devait s’agir d’une chouette chevêche des terriers. L’unique membre de son cortège funèbre lui aménagea un ultime trou de ses mains nues, l’y poussant doucement de son pied droit. |