Poésie : Patricia Proust-Labeyrie
9 mars 2007
LE LIVRE DES METEORES
1.
« Blanc comme neige »
Etalon chromatique
Fraîche présence réfléchissante.
La totalité des couleurs
Tombent avec légèreté
Des hautes régions.
La neige concentre en elle
Toutes les fréquences du spectre.
2.
Marche automnale
Au départ
Le sol semble recouvert de minuscules champignons
Puis apparaissent des insectes microscopiques
Qui grimpent le long d’une herbe gigantesque
Atteignant au moins deux centimètres,
Dominée par une gouttelette d’eau à peine visible
Dans laquelle est contenu
Tout l’univers.
La bruine opacifie l’espace
pour nous rendre la vue.
3.
D’Orient en Occident
Lumière et chaleur du soleil
Donnent corps à l’espace
Et imprègnent la matière d’Etre
Rythme des jours et thermomètre d’un état
Il en va ainsi
De notre présence au monde.
4.
Nocturnes sons d’été
Reflets murmurants des feuilles de peupliers
Dans l’onde d’une eau dormante.
Vent de juillet
Du mouvement de l’air
A la surface de la terre.
5.
Le son Pomone !
Les fruits tombent
D’un seul coup de tonnerre.
En un instant le verger est dévasté
Puissance naturelle indomptée.
6.
Le timbre transparent de la pluie
A la fin du jour
Résonne en cascades
Jusqu’à l’aubier des plus grands arbres
Au fil du mois d’août.
Puis à notre insu
La végétation apparaît.
7.
Sans le gel,
Pas plus la végétation que les êtres ne trouvent
Le repos.
Hauts de Gironde - 1997