Poésie : Gérard Cathelineau
29 septembre 2007

Ephémère, la beauté furtive s’efface.Un visage, un geste,Offrent un instant le vrai de l’être.Ferme les yeux, clos ton regard,La douleur est trop forte de l’éphémère entrevu.Fleurs de saule au printemps, graines, l’été, des ombres futures.Nul ne sait les couleurs du soirSur l’arbre aux portes de la nuit.Jessé à BerylMémoire pour un bouquet4 Mars 2006
Novembre a démembré l’automne,Toutes feuilles éparpillées.Ré sous le vent se consume à l’Ouest.Les voiliers migrateurs signent l’horizon.La page bleue grise du ciel s’alanguit nue.Le vent l’a dévêtue de ses nuages de la veille et de nuit.L’oiseau sur son erre, trace les frontières de l’air et des eaux.Mobile et noir, son vol tranche l’espace.Il dit les géométries du soir.Aux pieds du soleil en chute,S’enfuit la terre vers la nuit.La plage attend la mer.L’eau flamboie dans les flaques dispersées.L’automne quitte à pas de mouettes l’algue verte et le varech.Le phare enfin prend sa course,Et, nocturne, veille aux navires.La grève, figure d’écueil dans l’ombre,Offre au vent levé vers les diguesSon bruit de voyage et de vagues.

Jonquilles et mai s’en viennent sous l’arbre.Un chat de printemps coule son ombre de rapinesSous les branches du nid annoncé.Des chants d’avril et de giboulées furtivesGlissent au long des allées.Demain l’anémone et l’été dans les lys,Diront la senteur puissanteDes nuits d’équinoxe et les danses d’enfance.Je sais un laurier d’espérance et duréeOù les coiffes blanches de jadis répondentEn image aux soucis de naguère.Ce sont fleurs et dentelles que tissaient les joursEt qu’emporte le vent. La mer, apprivoisée,Pèse invisible aux versants des rivages.

Lisse au loin, l’eau sur les terres.Fin d’hiver, portes de printemps,Les branches approchées livrent leurs bourgeonsBlancs, frangés de rose.Lisse au loin, l’eau sous l’aireD’envol des cygnes.Couple d’amours et de jeux,Les deux cygnes s’ébrouent.Lisse au loin, l’eau sous l’aileDes mouettes en débat.L’anguille les fuitSous l’herbe et les eaux.Lisse au loin, l’eau sous le soleilEt l’odeur des maraisDébordée sur la terre en gésine.Le vent lui-même s’est tu.Lisse au loin, l’eau de la mémoireAux trésors imprenables.Un soir, encore après tant d’autres,Approche dans ses gloires,Intouchable.Un jardinage à la Retirance : Beauté du crépuscule Mars 2007Jessé pour Béryl
Aquarelles de Béryl Cathelineau-Vilatte.